Les origines du Taekwondo

Comme beaucoup d’arts martiaux, le taekwondo s’appuie sur une tradition très ancienne, et existait bien avant le Moyen Âge en Corée, à travers de nombreuses écoles, sous le nom de Subak, Subakhi, Subyok, Taekkyeon, Bikaksul, Subyokta et Kweonbeop.

Le passé du taekwondo est décelable à travers l’histoire orale et les objets issus de l’époque des trois premiers royaumes de Corée (Koguryeo, Paekje et Silla). Le royaume de Silla fut fondé par Park Hyuk Kusae en 37 av. J.-C. et perdura jusqu’en 935 de notre ère.

Le Hwoarangdo, créé par le 24ème roi de Silla, était d’abord une organisation militaire d’élite constituée par des soldats ayant fait leurs preuves durant la bataille. Ces jeunes recrues, appelés Hwoarang (jeunes nobles, « chevalier à la fleur »), pratiquaient une nouvelle forme d’art martial codifié, parallèlement aux autres matières institutionnelles.

En 935, alors que tombe le royaume de Silla, se met en place la dynastie Koryeo, fondée en 918 par Wang Keon. Dans les mémoires de Koryeo, un art martial proche du taekwondo fut d’abord appelé Subakhi. Populaire auprès du peuple de Koryeo, il est probable que, de même qu’auparavant dans les autres royaumes, les rois aimaient assister aux compétitions de subakhi et récompenser les gagnants. Il est de notoriété que l’université nationale de Koryeo et la plus grande institution éducative sur la pensée confucéenne de l’époque, « Kukjakam », enseignaient systématiquement le subakhi jusqu’au plus haut niveau. En outre, la dynastie connut un essor commercial qui permit les échanges culturels, dont le subakhi. Inversement, le royaume subit les influences d’arts martiaux étrangers.

De la création à la séparation…

Le taekwondo est officiellement créé le 11 avril 1955 par le général Choi Hong Hi, après un long travail de développement et d’unification des différentes écoles d’arts martiaux coréennes.

Ce dernier commence en effet sa pratique du taekyon, un très ancien art martial coréen basé sur des techniques de jambes très complètes pendant sa jeunesse. Nous sommes dans l’entre-deux-guerres, et la Corée est encore sous la domination japonaise. Lorsque le jeune Choi part faire ses études au Japon, il rentre en contact avec le karaté de maître Funakoshi, sous la direction duquel il commence à pratiquer. De retour en Corée, il poursuit son travail sur le développement d’un nouvel art martial, combinaison du karaté et d’anciens arts martiaux coréens. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate, et il est enrôlé de force dans l’armée japonaise. À la libération, son travail sur l’art martial continue.

Il commence alors à enseigner son art à ses troupes. Son but est de donner à une Corée meurtrie par l’occupation japonaise et la guerre un art martial national, mais aussi de fonder sur la base des derniers progrès scientifiques une pratique d’autodéfense rationnelle. C’est cet aspect scientifique qui donne sa spécificité première au taekwondo, puisque chaque mouvement est étudié en fonction des principes scientifiques dans le but d’obtenir le maximum de puissance.

En 1965, le général Choi prit sa retraite avec le grade de Général deux étoiles, et fut chargé par le gouvernement de Corée du Sud de diriger une tournée en Allemagne de l’Ouest, Italie, Turquie, Émirats arabes unis, Malaisie et Singapour. Les membres de son équipe de démonstration étaient Han Cha Kyo (VIe dan à l’époque), Kim Jun Kun (Ve dan), Kwon Jai Hwa (Ve dan) et Park Jong Soo (Ve dan).

Ce fut l’occasion de faire connaître le taekwondo dans ces pays, ainsi que d’établir les associations nationales qui, le 22 mars 1966 se réunirent pour former l’International Taekwondo Federation (ITF) ou Fédération internationale de taekwondo, à Séoul.

En 1968, après un long voyage dans de nombreux pays, le Général Choi visita la France à l’occasion du symposium sur le sport militaire et y organisa une démonstration devant les représentants de 32 pays. La même année, le Royaume-Uni forma une association nationale de taekwondo, et le général se rendit en Espagne, au Canada, aux Pays-Bas, en Belgique et en Inde. En 1969, le général effectua une tournée dans 29 pays afin de rencontrer les instructeurs de ces différents pays et effectuer les prises de vues qui illustrent la première édition de l’Encyclopédie (1972). L’année 1970 fut à l’image de 1969 : le général voyagea dans le monde entier pour faire découvrir le taekwondo et conduire des séminaires pour former des instructeurs ou perfectionner la technique de ceux-ci.

La World Taekwondo Federation (WTF) en 1973

En 1972, le Général Choi introduisit le taekwondo en Bolivie, République dominicaine, Haïti et Guatemala. Mais confronté à une situation politique particulièrement difficile dans son pays, il fut contraint à l’exil : en effet, le gouvernement sud-coréen avait désapprouvé une initiative du général Choi de faire une démonstration de taekwondo en Corée du Nord, où il s’était rendu en 1966. Le développement du taekwondo en Corée du Nord est dû notamment à Yoon Byung-in.

Afin de ne pas perdre le taekwondo, et avec l’accord des pays membres de l’ITF, le général Choi déplaça le siège de l’ITF à Toronto, au Canada, d’où il espérait pouvoir diffuser plus aisément le taekwondo dans les pays de l’Est.

Le gouvernement de Corée du Sud, qui ne voulait pas perdre le taekwondo devenu un extraordinaire outil de propagande pour le pays, créa la WTF (World Taekwondo Federation ou Fédération Mondiale de Taekwondo) en 1973.

Après un remaniement total des techniques, ce nouvel art martial, totalement différent du taekwondo créé par le général Choi, commença à se répandre dans de nombreux pays.

Bénéficiant de l’appui du gouvernement, cet art martial put se développer très rapidement, surtout dans les pays de l’Ouest.

Dès lors, les deux taekwondos cohabitent plus ou moins pacifiquement. Le maintien d’un seul nom pour désigner ces deux disciplines est à la base de nombreuses confusions, ces deux arts martiaux étant très différents dans les faits. Si le taekwondo du général Choi a poursuivi son évolution scientifique, celui de la WTF a pris une tout autre direction, celle de l’olympisme.

C’est ainsi qu’il fut reconnu sport olympique il y a quelques années où il fait sa première apparition aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000.

L’arrivée du Taekwondo en France et la FFTDA

Grâce à Maître LEE KWAN YOUNG, 9è Dan W.T.F, le TAEKWONDO arrive en France en 1969, où il ne cesse de connaître un succès grandissant… et ce, probablement depuis la création en 1995 de la FFTDA (Fédération Française de Taekwondo et Disciplines Associées), anciennement rattaché à la FFKAMA (Fédération française de Karaté et Arts Martiaux Affinitaires).

La FFTDA a connu une très forte progression des licenciés depuis sa création, soit 300% en 9 ans. Le nombre de licenciés est actuellement de 50 000 dont 15 000 en Ile de France. et des résultats en progression, avec par exemple des médailles olympiques :

  • 1 médaillé aux JO de Sydney 2000 (Pascal Gentil)
  • 2 médaillés aux JO d’Athènes 2004 (Myriam Baverel et Pascal Gentil).
  • 3 médailles aux Championnats du monde technique en novembre 2007 : Leila Kocheida, Nguyen Ngoc Thanh et Sybille Forca/ Denis Panel en paire

L’ objectif de la fédération est d’atteindre les 100 000 licenciés à l’horizon 2012. Pour ce faire, les actions en cours concernent donc prioritairement :

– La promotion de la discipline, la recherche de partenaires et la formation des enseignants et dirigeants.
– La médiatisation de la discipline.